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Le pinyin de A à Z : initiales, finales, orthographe et tons
Tout ce qu'il faut savoir pour lire et prononcer n'importe quelle syllabe chinoise : les 21 initiales, les finales, les règles d'orthographe avec y, w et ü, et où placer la marque de ton.
Couleurs des tonsā ton 1á ton 2ǎ ton 3à ton 4a neutre
Le pinyin, c'est quoi exactement ?
Le pinyin (拼音, « assembler les sons ») est le système officiel de transcription du chinois en alphabet latin, adopté en Chine en 1958. Il ne remplace pas les caractères : c'est un outil de prononciation. Les enfants chinois l'apprennent à l'école avant les caractères, on l'utilise pour taper le chinois sur un clavier, et les dictionnaires sont classés selon lui.
Le piège principal : le pinyin utilise des lettres que tu connais, mais pas avec leur valeur française ou anglaise. Le « q » se prononce à peu près « tch », le « x » à peu près « ch », le « e » ne ressemble ni au « é » français ni au « e » anglais. Il faut donc apprendre le pinyin comme un nouveau code, pas le lire « à l'instinct ».
Chaque syllabe chinoise se découpe en trois éléments :
• une initiale (la consonne de départ, parfois absente) ;
• une finale (la voyelle, éventuellement suivie de -n ou -ng) ;
• un ton (la mélodie de la syllabe).
Par exemple, mā = initiale m + finale a + 1er ton. Le chinois standard ne compte qu'environ 400 syllabes sans les tons (environ 1 300 avec les tons), contre plus de 10 000 en anglais. C'est une excellente nouvelle : une fois ces 400 syllabes maîtrisées, tu sais prononcer tout le mandarin.
妈
māmaman (m + a + 1er ton)
好
hǎobien (h + ao + 3e ton)
爱
àiaimer (pas d'initiale : ai + 4e ton)
Les 21 initiales, groupe par groupe
On classe les initiales selon l'endroit de la bouche où elles se forment. Apprends-les par groupes, c'est beaucoup plus logique.
Lèvres : b p m f. Proches du français. Attention : b n'est pas sonore comme le « b » français, c'est un « p » doux, sans souffle. p est un « p » avec un fort souffle (aspiré), comme en anglais « pie ».
Pointe de la langue : d t n l. Même logique : d = « t » doux non aspiré ; t = « t » avec souffle.
Fond de la gorge : g k h. g = « k » doux ; k = « k » soufflé ; h est raclé, plus rugueux qu'un « h » anglais, proche de la jota espagnole.
Palatales : j q x. La langue est à plat contre le palais, lèvres étirées comme pour sourire. j ≈ « dj » doux, q ≈ « tch » soufflé, x ≈ « ch » très doux et souriant. Elles ne se combinent qu'avec i ou ü.
Rétroflexes : zh ch sh r. La pointe de la langue se recourbe vers le haut, derrière les gencives. zh ≈ « dj » creux, ch ≈ « tch » soufflé, sh ≈ « ch » creux, r ≈ un mélange entre le « j » de « jour » et le « r » anglais.
Sifflantes : z c s. La langue touche l'arrière des dents du bas. z ≈ « dz », c ≈ « ts » avec souffle (comme dans « tsé-tsé »), s = « s ».
La notion clé : aspiration. En chinois, b/p, d/t, g/k, j/q, zh/ch, z/c ne s'opposent pas par la voix (sourd/sonore) comme en français, mais par le souffle. Mets ta main devant la bouche : sur p, t, k, q, ch, c, tu dois sentir une bouffée d'air.
| Groupe | Non aspirées | Aspirées | Autres |
|---|---|---|---|
| Lèvres | b | p | m f |
| Pointe de la langue | d | t | n l |
| Gorge | g | k | h |
| Palatales | j | q | x |
| Rétroflexes | zh | ch | sh r |
| Sifflantes | z | c | s |
Test de la feuille de papier : tiens une feuille devant ta bouche. Elle doit bouger sur « pà » (怕, avoir peur) mais pas sur « bà » (爸, papa).
Les finales : voyelles simples, composées et nasales
Les finales se rangent en quatre familles, selon leur première voyelle.
1. Finales « ouvertes » : a, o, e, ai, ei, ao, ou, an, en, ang, eng, ong, er.
• a : « a » bien ouvert.
• o : « o » arrondi, avec un léger « ou » devant (bo ≈ « bwo »).
• e : le son le plus difficile. Ce n'est pas « é » ! Prononce « o », puis étire les lèvres sans bouger la langue : tu obtiens un son proche du « eu » de « peur » prononcé du fond de la gorge.
• ai ≈ « aï », ei ≈ « eï » (comme « hey »), ao ≈ « ao », ou ≈ « o-ou ».
• -n / -ng : -n se termine avec la langue contre les dents du haut (comme « banane » en anglais) ; -ng se termine au fond de la gorge, comme dans l'anglais « sing ». Le -g ne se prononce jamais séparément.
• er : un « eu » avec la langue recourbée, proche du « are » américain.
2. Finales en i : i, ia, ie, iao, iou, ian, in, iang, ing, iong. Attention à ian, qui se prononce « yèn » et non « yan » : 天 tiān ≈ « tyèn ».
3. Finales en u : u, ua, uo, uai, uei, uan, uen, uang, ueng. Le u chinois se prononce « ou », jamais comme le « u » français.
4. Finales en ü : ü, üe, üan, ün. Le ü est exactement le « u » français (« tu », « rue »), un avantage pour les francophones ! Les anglophones doivent dire « ii » en arrondissant les lèvres.
Cas spécial : le « i » après z c s zh ch sh r. Dans zi, ci, si, zhi, chi, shi, ri, le « i » n'est pas un « i » : c'est un simple prolongement de la consonne, un bourdonnement. 四 sì ne se prononce pas « si » mais plutôt « sz ».
| Famille | Finales |
|---|---|
| Ouvertes | a o e ai ei ao ou an en ang eng ong er |
| En i | i ia ie iao iou(-iu) ian in iang ing iong |
| En u | u ua uo uai uei(-ui) uan uen(-un) uang ueng |
| En ü | ü üe üan ün |
饿
èavoir faim (le fameux « e »)
天
tiānciel, jour (« tyèn »)
绿
lǜvert (« u » français)
四
sìquatre (« i » bourdonné)
Règles d'orthographe : y, w et le ü qui perd ses points
Le pinyin a quelques règles d'écriture qui déroutent au début. Elles ne changent pas la prononciation : elles servent seulement à bien séparer les syllabes à l'écrit.
Règle 1. Finales en i sans initiale : on écrit y.
• Si la finale est juste i, in, ing, on ajoute y devant : i → yi, in → yin, ing → ying.
• Sinon, le i devient y : ia → ya, ie → ye, iao → yao, iou → you, ian → yan, iang → yang, iong → yong.
Règle 2. Finales en u sans initiale : on écrit w.
• u seul → wu (on ajoute w).
• Sinon, le u devient w : ua → wa, uo → wo, uai → wai, uei → wei, uan → wan, uen → wen, uang → wang, ueng → weng.
Règle 3. Finales en ü sans initiale : on écrit yu. ü → yu, üe → yue, üan → yuan, ün → yun. Les points disparaissent.
Règle 4. Après j, q, x, le ü perd ses points. Comme j, q, x ne se combinent jamais avec u (« ou »), il n'y a pas d'ambiguïté : ju, qu, xu, jue, quan, xun contiennent tous un ü. C'est l'erreur n°1 des débutants : 去 qù se prononce « tch-u » (u français), pas « tchou ».
Règle 5. Après n et l, on garde les points, car nu/nü et lu/lü existent tous les deux : 路 lù (route) ≠ 绿 lǜ (vert), 女 nǚ (femme) ≠ 努 nǔ (effort).
Règle 6. Trois finales abrégées. Après une initiale, iou → iu, uei → ui, uen → un : d + iou = diu, g + uei = gui, l + uen = lun. La voyelle du milieu est plus faible mais s'entend encore, surtout aux 3e et 4e tons (贵 guì ≈ « gouèï »).
Règle 7. L'apostrophe. Quand une syllabe commençant par a, o ou e suit une autre syllabe, on met une apostrophe pour éviter la confusion : Xī'ān (西安, deux syllabes) ≠ xiān (先, une syllabe) ; Tiān'ānmén (天安门).
| Finale | Sans initiale | Avec initiale (ex.) |
|---|---|---|
| i | yi | mi, ji |
| iou | you | liu, jiu |
| u | wu | bu, zhu |
| uei | wei | gui, dui |
| uen | wen | lun, chun |
| ü | yu | lü, nü, ju, qu, xu |
| üe | yue | lüe, jue, xue |
| üan | yuan | juan, quan, xuan |
去
qùaller (q + ü, sans les points)
学
xuéétudier (x + üe)
月
yuèlune, mois (üe sans initiale)
问
wèndemander (uen sans initiale)
Où placer la marque de ton ?
Le ton se note par un signe au-dessus d'une voyelle : ā (1er ton, plat), á (2e, montant), ǎ (3e, descendant-montant), à (4e, descendant). Le ton neutre n'a pas de marque : ma.
La règle est simple et s'applique dans cet ordre :
1. S'il y a un a ou un e, il prend la marque. (a et e ne se trouvent jamais ensemble.) → hǎo, jiā, mèi, xué, tiān.
2. S'il y a « ou », c'est le o qui prend la marque. → dōu, zǒu, gòu.
3. Sinon, c'est la dernière voyelle. → duō, guì, liù, huí, jiǒng.
La règle n°3 explique un cas qui surprend beaucoup : dans iu et ui, c'est toujours la seconde voyelle qui porte le ton : liù (six), shuǐ (eau), duì (juste).
Sur un i, le point est remplacé par la marque : nǐ, yī. Sur un ü avec ton, on garde les points et on ajoute la marque dessus : lǜ, nǚ.
Si ton clavier ne permet pas de taper les marques, on écrit parfois les tons avec des chiffres (ni3 hao3). C'est pratique pour taper, mais dans Hanlu et dans tous les manuels, on utilise les vraies marques : elles donnent une image visuelle de la mélodie.
六
liùsix (iu : la marque va sur le u)
水
shuǐeau (ui : la marque va sur le i)
走
zǒumarcher (ou : sur le o)
谢谢
xièxiemerci (e prioritaire ; 2e syllabe neutre)
Moyen mnémotechnique : « a et e d'abord, puis o de ou, sinon la dernière ».
Les paires qui piègent les francophones et anglophones
Voici les confusions les plus fréquentes, et comment les corriger.
• zh / j : 知 zhī (savoir) vs 鸡 jī (poulet). Pour zh, la langue est recourbée, la bouche plutôt ronde ; pour j, la langue est à plat et tu souris.
• sh / x : 是 shì (être) vs 细 xì (fin). Même principe.
• c / ch / q : 次 cì (fois), 吃 chī (manger), 七 qī (sept). Trois « tch/ts » différents : dents, langue recourbée, sourire.
• u / ü : 路 lù (route) vs 绿 lǜ (vert). Pour les francophones : « lou » vs « lu ». Et n'oublie pas que qu, ju, xu contiennent un ü !
• -n / -ng : 山 shān (montagne) vs 上 shàng (dessus) ; 心 xīn (cœur) vs 星 xīng (étoile). Termine -n sur les dents, -ng dans la gorge, bouche ouverte.
• e : francophones, ne dites pas « é » dans 喝 hē (boire) ; anglophones, ne dites pas « her ».
• r : ce n'est ni le « r » français roulé en gorge, ni un « r » anglais pur. Pense au « j » de « jour » avec la langue recourbée : 热 rè (chaud), 人 rén (personne).
• h : les francophones l'oublient souvent. 好 hǎo n'est pas « ao » ! Racle légèrement la gorge.
• en / an : 很 hěn (très) se prononce avec un « e » court et neutre, pas « hin » ni « han ».
吃
chīmanger
七
qīsept
次
cìfois
绿
lǜvert
路
lùroute
Méthode : comment apprendre le pinyin en deux semaines
Le pinyin s'apprend vite si on s'y prend bien. Voici une méthode éprouvée :
Jours 1-3 : les finales simples et les tons. Travaille a, o, e, i, u, ü avec les quatre tons (ā á ǎ à…). Enregistre-toi et compare avec l'audio.
Jours 4-7 : les initiales, par groupes. Un groupe par jour, en insistant sur les paires aspirées/non aspirées. Combine chaque initiale avec a, i, u.
Jours 8-10 : les finales composées et nasales. Entraîne-toi sur les paires -n/-ng et sur ian, üan, iong.
Jours 11-14 : lecture de mots réels. Lis des mots de deux syllabes que tu vas utiliser (你好, 谢谢, 中国, 老师…). C'est là que le pinyin devient vivant.
Trois conseils importants :
1. Écoute avant de lire. Ne te fie jamais à l'orthographe seule : chaque nouvelle syllabe doit d'abord passer par l'oreille.
2. Apprends les mots avec leur ton, dès le début. Un mot sans son ton est un mot mal appris.
3. Ne reste pas bloqué sur le pinyin. Au bout de deux semaines, passe aux caractères : le pinyin continuera de s'affiner avec la pratique.
Dans Hanlu, le tableau interactif du pinyin te permet d'écouter chacune des ~400 syllabes, avec les quatre tons.
你好
nǐ hǎobonjour
中国
Zhōngguóla Chine
老师
lǎoshīprofesseur
Écris les syllabes difficiles sur des fiches et teste-toi à l'oral chaque jour : 5 minutes régulières valent mieux qu'une heure une fois par semaine.